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Une histoire à suivre...

 
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Tigrea


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Féminin Cancer (21juin-23juil)

MessagePosté le: Mer 16 Avr - 13:24 (2008)
Sujet du message: Une histoire à suivre...
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Pour les Fous de Dark age of Camelot  
L'épopéee de Tigrea la Moniale  
 
 
 
-Mon nom.....quel est mon nom?............qui suis-je et qu'est-ce que je fais là?
La jeune femme se releva péniblement et regarda autour d'elle. Elle se trouvait dans une sorte de grande clairière. Tout autour, des arbres de toutes essences lui barraient la vue.

C'était étrange, un peu irréel, l'atmosphère avait quelque chose de léger et de doux qui rendait l'âme romantique et poussait à la rêverie.

Elle se secoua pourtant, ne voulant pas se laisser aller à la douceur de l'endroit en ces moments où elle ne savait même plus qui elle était ni pourquoi elle était là. Elle perçut un rayon de soleil à travers la canopée et décida de marcher tout droit devant elle dans la direction du soleil. Elle arriverait bien quelque part et peut-être finirait-elle par rencontrer des gens qui la connaissaient.

Elle approchait de la lisière de la clairière, devant elle se dressaient fièrement des chênes séculaires aux branches si noueuses qu'ils ressemblaient à des vieillards aux mains ridées qui la toisaient avec un air méfiant et courroucé... Il allait falloir s'enfoncer entre les arbres, affronter la pénombre et surtout, surtout marcher le plus droit possible pour espérer sortir de la forêt.

Courageusement, elle s'engagea dans ce qui aurait pu passer pour un sentier s'il n'avait été encombré de ronces qui s'accrochaient à sa longue robe de cuir. Cela aussi d'ailleurs l'intriguait ! Le vêtement qu'elle portait était d'un vert profond et richement ouvragé. Le cuir avait été repoussé afin de former des motifs délicats et compliqués qui laissait supposer qu'il s'agissait d'une tenue coûteuse. Elle n'était donc sûrement pas une paysanne mais elle ne parvenait pas à déterminer quelle sorte de gens portaient ce genre de vêtement à la fois chaud, solide et souple, permettant des mouvements aussi amples.

Elle remisa toutes ces questions dans le fond de son esprit car la forêt devant elle s'épaississait. Les ronces obstruaient maintenant complètement le passage et elle commença à regretter de s'être ainsi aventurée au milieu de la futaie. Deux choix s'offraient à elle : rebrousser chemin, regagner la clairière et attendre un secours hypothétique ou bien se frayer un chemin au milieu des broussailles et tenter d'atteindre l'orée de la forêt.

Elle opta pour la deuxième solution, mais il lui fallait trouver un outil pour dégager sa route. Elle remarqua alors qu'elle portait à sa ceinture une sorte de havresac léger et qui semblait, hélas, vide.

Elle le détacha et l'ouvrit et fut très étonnée de trouver à l'intérieur 5 pochettes de cuir. Elle sortit une des pochettes, la soupesa... elle semblait vide elle aussi. Un lien de cuir fermait la pochette, elle le délaça et la pochette se déroula laissant apparaître huit petits logements. Elle glissa ses doigts dans le premier logement et fut surprise de sentir un petit objet lisse et dur. Elle voulut le sortir, mais l'objet se mit à vibrer très fort et il jaillit de son étui avec une gerbe d'étincelles et tomba à terre.

Un peu apeurée, elle se pencha et précautionneusement ramassa l'objet qui semblait animé d'une vie propre. Dès qu'elle l'eut en main l'objet se mit à grandir dégageant une aura de lumière bleutée, puis tout s'arrêta.
Elle contempla alors ébahie, l'objet qu'elle tenait : un superbe bâton d'un bleu de nuit, gravé de runes argentées.

Armée du mystérieux bâton, elle commença à écarter les ronces qui l'empêchaient d'avancer. A chaque coup donné, le bâton s'auréolait de bleu, des étincelles argentées s'abattaient sur les ronces qui se desséchaient instantanément et tombaient à ses pieds en poussière.

Ce fut dès lors, un jeu d'enfant de traverser la forêt et d'atteindre enfin un terrain dégagé.

Epuisée autant par son "débroussaillage" que par les événements insolites qu'elle venait de vivre, elle se laissa glisser à terre et contempla le paysage qui s'offrait à sa vue : une épaisse fumée noire montait à l'horizon et elle apercevait par moments la silhouette trapue et inquiétante d'un grand château de pierres sombres...
Tandis qu’elle reprenait son souffle, les mêmes questions lancinantes lui taraudaient l’esprit : qui était-elle donc, d’où venait-elle et comment s’était-elle retrouvée seule dans cette clairière, comment avait-elle obtenu le magnifique bâton avec lequel, elle s’était frayé un passage ? Hélas, elle n’avait aucune réponse à toutes ces interrogations.

Quand elle fut un peu remise de ses efforts et de ses émotions, elle décida de reprendre sa route vers le château d’où s’élevaient des panaches de fumée noire. Elle projetait de contourner prudemment le château, espérant trouver un endroit d’où elle pourrait observer les environs sans être vue. Elle n’avait nullement l’intention de se lancer tête baissée dans la gueule d’un loup qu’elle ne connaissait pas !

Profitant de la nuit qui commençait à tomber, se faufilant de buisson en buisson, se figeant au moindre bruit, elle progressa en direction de la masse imposante de la citadelle. Tout autour d’elle, les ombres commençaient à s’allonger promenant leurs langues grisâtres sur les herbes folles de la prairie, les oiseaux de nuit et les chauve-souris commençaient à partir en chasse, des hululements lui venaient aux oreilles et peu à peu la peur s’installait en elle. Elle frissonna et chassant de son esprit l’angoisse qui l’avait envahie, elle continue sa progression silencieuse. Plus elle se rapprochait du monstrueux château et plus la fumée devenait dense et opaque, des flammèches sortaient des mâchicoulis et sur les remparts, on commençait à entrevoir des ombres inquiétantes et menaçantes. Il lui fallait trouver un abri le plus vite possible : une terrible question se posait maintenant, serait-elle considérée par les habitants de la citadelle comme un ami ou comme un ennemi ?……. Et si elle était accueillie par une volée de flèches ?… Elle ne saurait alors jamais qui elle était… Elle ne pouvait prendre ce risque, il fallait à tout prix qu’elle sache à quel camp elle appartenait. La réponse se trouvait peut-être dans son havresac, elle n’avait pas eu le temps de fouiller toutes les pochettes. Peut-être contenait-il un indice qui la renseignerait.

Soudain, venant de l’est, surgirent des cavaliers tout de noir vêtus et qui brandissaient des armes rutilantes et gigantesques. Ils se ruaient à l’assaut du château en poussant des hurlements de bêtes sauvages. Certains semblaient difformes et portaient des cornes au front, d’autres étaient minuscules et leur peau bleutée semblait presque transparente dans la lumière de la lune. Leurs yeux exorbités lançaient des éclairs de haine et de méchanceté et ils faisaient tournoyer au-dessus de leurs têtes, des fléaux hérissés de pointes acérées.

Des auras de lumières rouges ou bleues enveloppaient chaque cavalier et un bruit de tonnerre les accompagnaient.

La panique s’empara alors de la jeune femme. Vite, elle chercha où se mettre à l’abri pour échapper à la masse hurlante qui fondait sur elle. Elle était au beau milieu de leur trajectoire, dans un instant ils l’apercevraient, ils la piétineraient, la transperceraient de leurs hasts. Rassemblant ce qui lui restait de forces et de courage elle se mit à courir jusqu’à un petit bosquet qu’elle venait de repérer à sa gauche et le miracle se produisit ! Il y avait là une énorme souche d’arbre et elle réussit à se glisser entre ses racines dans une sorte de petite excavation qui la soustrayait à la vue des hommes (mais était-ce bien des hommes ?) qui arrivaient à bride abattue.

Se bouchant les oreilles avec ses mains, fermant les yeux et se recroquevillant dans son trou, elle attendit. Autour d’elle c’était le chaos, les mottes de terre volaient, arrachées par les sabots rougeoyants des destriers infernaux, des nuages de poussière tourbillonnaient, le sol tremblait, le vacarme devint assourdissant puis le bruit décrut, le tremblement cessa autour d’elle…ils étaient passés, ils ne l’avaient pas vue…..Ils se ruaient à présent sur les murailles du château, c’est alors que du haut des remparts jaillirent des boules de feu qui vinrent exploser au-dessus des agresseurs, répandant sur eux une pluie de lave orangée. Le spectacle était fantastique d’horreur et de beauté. Les hurlements des assiégeants déchiraient les tympans et les guerriers s’effondraient les uns après les autres dans des ruisseaux de feu. Peu à peu les cris cessèrent et le calme revint enfin.

Pour le moment le danger était passé, il était temps à présent de fouiller le havresac. S’installant un peu plus confortablement entre les racines de la souche, la jeune femme ouvrit une deuxième pochette, agencée de la même manière que la première.
Elle fouilla les logements et sortit un anneau d’or sur lequel était gravée une inscription qu’elle parvint à déchiffrer malgré la semi-obscurité dans laquelle elle se trouvait : Albion Ad Vitam. Ainsi elle appartenait au royaume d’Albion ! Albion la Fière !
Un soupir de soulagement s’échappa de sa poitrine. Elle allait pouvoir se réfugier au château, les bannières qui flottaient aux tourelles, elles les avaient bien reconnues, c’était bien les bannières bleu et rouge d’Albion, sa mère patrie.

Rassérénée par sa découverte, elle passa l’anneau salvateur à son annulaire et sentit aussitôt une transformation s’opérer en elle : ses muscles se raffermirent, sa fatigue disparut et ses mains irradiaient une lumière surnaturelle et chaude. Mue par son instinct, elle passa ses doigts sur les écorchures qu’elle s’était faites en se glissant sous les racines… Les éraflures se refermaient sous ses doigts, il ne subsistait même pas la moindre cicatrice… L’anneau lui avait donné le pouvoir de guérir !
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Fébrilement, elle reprit le sac et voulut poursuivre ses investigations. Peut-être ferait-elle d’autres trouvailles ! Mais avant même d’avoir commencé, elle fut extirpée de sa cachette par une poigne d’acier qui lui enserrait les chevilles et la tirait à l’extérieur sans ménagements.


  • Que fais-tu là et qui es-tu ? demanda l’homme qui se tenait à présent devant elle.
Il la dépassait d’une tête et sa carrure imposante se détachait sur le ciel étoilé. La voix de l’homme se voulait sévère et grave, mais son timbre chaud laissait entrevoir la bonté de son propriétaire. Une couronne ceignait son front et l’auréolait d’argent. Sa cuirasse captait chaque parcelle de lumière et resplendissait sous la lune. Sa cape ornée d’un magnifique dragon noir, aux couleurs de sa guilde, flottait au vent et lui donnait encore plus de majesté.

  • Je me cachais des hordes de Midgard, répondit-elle en tremblant de tous ses membres
  • Tu te cachais ou tu nous espionnais pour le compte de cette racaille midgardienne ? reprit-il courroucé en la secouant comme un prunier.
  • Lâchez-moi, je ne suis pas une ennemie, Albion est ma patrie, cria-t-elle désespérée et des larmes inondaient à présent son visage .
L’homme marqua un temps d’arrêt, il sembla hésiter puis reprit d’une voix un peu moins rude :

  • Comment t’appelles-tu et d’où viens-tu ?
  • Je ne sais pas, je sais seulement que je suis albionnaise grâce à cet anneau que je porte, sur lequel est inscrit : Albion Ad Vitam. Je me suis réveillée dans une clairière au………
  • Viens, la coupa l’homme brusquement, ne restons pas ici, tu me raconteras tout cela à l’abri dans le château.
Et il l’entraîna à sa suite vers les énormes portes de bois de la citadelle. Il prononça alors des mots étranges qu’elle ne comprenait pas mais qui faisait ressurgir en elle des bribes de souvenirs. C’était comme si elle avait déjà entendu ces mots mais elle ne parvenait pas à savoir quand ni où.


  • Darkage… Ofca… Melot ! dit l’homme en tendant ses longues mains gantées de mailles vers le ciel.
Et les portes s’ouvrirent alors, tournant sur leurs gonds sans un grincement. Ils pénétrèrent dans la cour intérieure et les portes se refermèrent silencieusement derrière eux. Dans la cour, des soldats en armes montaient une garde vigilante, des trébuchets et des catapultes dressaient leurs silhouettes menaçantes dans la lueur blafarde de la lune. Devant eux s’élevait un massif donjon de pierre à la fois rassurant par son apparence de solidité et inquiétant tant il était sombre et imposant.

L’homme prononça les mêmes paroles, cette fois encore, les portes s’ouvrirent et ils entrèrent dans le donjon. Il l’emmena dans une grande salle lambrissée ornée de tapisseries représentant de Nobles Dames et de Nobles Seigneurs. Un trône de bois sculpté recouvert de fourrures épaisses en était le seul et unique mobilier.

Il gravit les quelques marches qui le séparaient du magnifique siège et s’assit. Dans la lumière des torches qui éclairaient la pièce, elle découvrit son visage, mangé d’une barbe blonde. Ses yeux bleus étaient profondément enfoncés dans les orbites et son regard profond reflétaient l’honnêteté et la droiture. Il lui semblait que rien de mauvais ne pourrait lui venir de cet homme là.

  • Je suis le Seigneur Kormorann Le Clerc, lui dit-il avec bienveillance, je suis le Maître de Caer Renaris où nous nous trouvons. Viens près de moi, assieds-toi et raconte-moi ton histoire.
Reprenant courage, rassurée elle vint s’asseoir aux pieds du Seigneur Kormorann et entreprit de lui narrer son étrange histoire.
Kormorann l’écoutait attentivement, quelque peu admiratif devant le courage et la détermination de la jeune femme. A la fin du récit, il se leva et dit :

  • Relève-toi, jeune fille, je te crois et je t’aiderai autant que mes moyens me le permettront, à retrouver ton identité, ta famille et tes souvenirs. Dans l’immédiat, nous sommes assiégés par le royaume de Midgard qui ne nous laisse aucun répit et nous devrons donc remettre les recherches te concernant à plus tard. Il te faut un nom. En attendant de retrouver le tien, je t’appellerai Tigrea, ce nom reflétant au mieux ce qui m’est apparu de ton caractère. Tes dons de guérisseuse nous seront bien utiles si tu acceptes à ton tour de nous aider dans notre combat. Acceptes-tu de nous aider 
  • Mon Seigneur, répondit-elle, je vous serai éternellement reconnaissante de votre bonté et j’accepte avec joie de vous assister contre vos assaillants. Je soignerai vos blessés et je combattrai à vos côtés.
  • Je te remercie. Il te faut à présent te restaurer et prendre un peu de repos.
Il tira le cordon de sonnette qui pendait à la droite du trône et une femme d’une grande beauté pénétra par une porte dissimulée derrière une tenture. Ses longs cheveux blonds retenus par un bandeau tressé, descendaient en cascade sur ses épaules et son dos. Son visage aux traits fins ne laissaient paraître aucun sentiment, mais son regard était froid comme celui d’un serpent et il émanait de sa personne quelque chose de dur et de perfide.

  • Ixchelle va te conduire aux cuisines où tu pourras manger, puis elle te montrera la chambre qui sera la tienne dorénavant.
Tigrea, c’est ainsi que nous l’appellerons à présent, suivit Ixchelle à travers les couloirs du château. Après s’être rassasiée, elle s’enferma dans la chambre où cette dernière l’avait conduite, se jeta en travers du lit à baldaquin et sombra comme une masse dans un sommeil réparateur.

A peine quelques heures plus tard, elle fut réveillée en sursaut par le son des olifants et le roulement des tambours…Les combats reprenaient, Midgard lançait un nouvel assaut contre Caer Renaris. Elle sauta sur ses pieds, ramassa son bâton, jeta son sac en travers de ses épaules et se précipita dans les couloirs du donjon, se guidant au bruit de la bataille qui commençait.

Elle surgit hors d’haleine dans la cour encombrée d’engins de guerre. On entendait les craquements des cordes que l’on tend, le grincement des poulies et des engrenages, le ahanement des hommes sous l’effort fourni pour charger les catapultes, les palintones et les trébuchets. On apercevait sur les remparts au–dessus de l’énorme porte de bois, un gigantesque chaudron d’où s’échappait une fumée épaisse et verdâtre. Par instants, mu par des mains invisibles, le chaudron basculait, renversant sur les assaillants qui s’acharnaient sur la porte un liquide épais, huileux qui brillait comme de l’or. Des hurlements de douleur montaient alors et une odeur pestilentielle de chair brûlée emplissait l’air saturé de fumerolles.

Partout des hommes couraient dans le cliquetis inquiétant de leurs armures en plate, en mailles ou en cuir. Ils se précipitaient sur les échelles menant aux remparts et, s’abritant derrière les créneaux, bandaient leurs arcs et lançaient des volées de flèches enflammées sur l’agresseur. Des mages aux longues robes richement brodées psalmodiaient des incantations en élevant leurs bâtons aux pommeaux d’or ou d’argent vers le ciel et des éclairs de feu ou des boules de glace fusaient alors en direction des guerriers de Midgard.

Alors elle l’aperçut, Kormorann était là penché sur un soldat agonisant, il prodiguait des soins, passant d’un blessé à l’autre sans reprendre haleine, et ses mains entourées d’un halo bleu, transmettaient la vie et l’énergie, refermaient les plaies et redonnaient force et puissance. Parfois il se relevait, prononçait des paroles magiques et la peur et la fatigue quittaient aussitôt les hommes autour de lui, qui repartaient au combat de plus belle, gonflés d’un courage et d’une force nouvelle, portés par le charisme de cet homme extraordinaire qui était leur chef.

Un homme tomba près d’elle, aussitôt elle se mit au travail, de ses mains aussi jaillissait la guérison, sans s’en rendre compte, ses lèvres formaient des mots dans une langue inconnue, c’était des formules étranges semblant sorties d’un vieux grimoire :
« Noob ld rvr ooc » …et les chairs se refermaient, les brûlures disparaissaient, les os se ressoudaient. Sans se soucier des traits de flammes qui tombaient tout autour d’elle, sans répit, elle soigna les innombrables blessés qui jonchaient maintenant les chemins de rondes dont les planchers se hérissaient de flèches encore fumantes. La sueur et le sang maculaient son visage, ses cheveux emmêlés étaient couverts d’une cendre grise provenant de l’incendie qui ravageait à présent les hourds en bois placés en haut des tours et derrière lesquels des soldats courageux usaient leurs dernières forces à bander des arcs de plus en plus lourds.

Dans un bruit de fin du monde une courtine céda sous les béliers ennemis, ouvrant une énorme brèche dans la muraille. Un flot de créatures monstrueuses se ruèrent à l’intérieur, des valkyries aux casques ailés faisaient tournoyer des épées rutilantes au-dessus de leurs têtes décapitant tous ceux qui n’avaient pas reflué à temps, des helhaxas surgissaient tels des fantômes revenus de l’enfer, des boules de couleurs tournoyaient autour d’eux, tuant instantanément les malheureux qui se trouvaient sur leur passage, des kan-lareshs, ces guerriers mi-hommes, mi-taureaux, poussaient des beuglements qui déchiraient les tympans et défonçaient les dernières résistances.
Kormorann, se redressa alors, levant son visage vers le ciel, puisant dans ce qui lui restait d’énergie, il dit :

« Par le Fourreau d’Excalibur, par le Bâton de Merlin transportare omnis Caer renaris »

Un tourbillon gigantesque se forma alors au centre de la cour, il se déplaçait à une vitesse prodigieuse, chaque soldat d’Albion était soulevé puis englouti comme au fond d’un vortex magique. Tigrea n’eut même pas le temps d’avoir peur, le tourbillon fabuleux était sur elle, la soulevait comme une plume… Elle tourbillonnait sur elle-même, s’enfonçant de plus en plus au cœur de la tornade. Des centaines de soldats tournoyaient comme elle et tous se rapprochaient du cœur de l’ouragan magique. Les uns après les autres tous traversèrent une sorte de miroir limpide, dans quelques secondes ce serait son tour…

Dans un jaillissement de lumière liquide, elle traversa le vortex. Elle atterrit souplement sur ses deux pieds au milieu de tous les chevaliers et soldats d’Albion. Ils se trouvaient dans la grande salle du donjon de Caer Renaris, celle où Kormorann l’avait reçue la veille au soir. Kormorann avait été téléporté lui aussi et déjà il distribuait ses ordres, organisait la défense du donjon. Tout n’était donc pas perdu. Galvanisés par leur chef, les guerriers repartirent au combat, on sentait dans l’air une énergie nouvelle, et les combats reprirent, bientôt les portes furent enfoncées, les hideux soldats de Midgard pénétrèrent tel, une horde sauvage à l’intérieur du donjon. Mais les albionnais ne faiblissaient pas, ils rendaient coup pour coup, tranchant des bras, des têtes, les mages désintégraient les monstres par dizaines. Tigrea se jeta dans la mêlée, son bâton virevoltait au bout de son bras et de nombreux ennemis gisaient maintenant à ses pieds. A chacun de ses coups, le bâton émettait une sorte de chuintement :  « ouhanshhhhoutttt » et le soldat ennemi s’effondrait sans un cri.
En quelques minutes les midgardiens furent décimés, leurs corps sans vie jonchaient le sol dans des mares de sang bleuâtre.

Caer Renaris était sauvé, une fois de plus Albion avait vaincu !
Kormorann fut soulevé de terre par ses soldats et porté en triomphe à travers Caer Renaris. Partout son nom était scandé par les albionnais en délire. Tigrea, quant à elle, se réfugia dans le calme de sa chambre et s’allongea sur son lit. La bataille avait été rude et, conjuguée aux événements de la veille, elle était venue à bout de ses dernières forces. Le sommeil ne se fit pas attendre longtemps et lorsqu’elle se réveilla, le soleil était déjà haut dans le ciel.

Elle avait fini de s’habiller et était en train de mettre un peu d’ordre dans sa chevelure emmêlée, lorsque Ixchelle vint la chercher pour la conduire à Kormorann.
Il faisait les cent pas dans la salle du trône, et à ses vêtements poussiéreux, on devinait qu’il ne s’était pas couché. Quand elle entra, il vint à sa rencontre, lui prit les mains et lui dit :

« Vous nous avez beaucoup aidé cette nuit et je tenais à vous remercier, à mon tour de tenir ma promesse. Je vais vous emmener voir le Roy à Camelot, nous lui raconterons votre histoire et lui demanderons d’envoyer des messagers à travers le pays avec pour consigne de rechercher des personnes qui vous connaissent. Ils emporteront avec eux un portrait de vous afin de le montrer à tous ceux qu’ils croiseront. Ils finiront bien par rencontrer quelqu’un qui vous reconnaîtra. 
Les chevaux sont sellés, ne traînons pas. »

Deux chevaux superbes attendaient, en effet dans la cour. Celui de Kormorann était un cheval à la robe d’un noir d’ébène avec des reflets bleutés ; du bas de ses pattes, des flammes orangées jaillissaient et ses naseaux lançaient dans l’air une fumée violette.
Celui de Tigrea, à la robe d’une blancheur immaculée, portait une corne sur le front… C’était une licorne. Sa corne était torsadée et changeait sans cesse de couleur, déclinant tous les tons de l’arc-en-ciel. Sa queue touffue était formée de soies aux couleurs rutilantes.

Les deux chevaux étaient richement harnachés et caparaçonnés et semblaient taillés pour la course.

Tigrea se posait une inquiétante question : savait-elle monter à cheval ? Mais dès quelle mit le pied à l’étrier, elle fut rassurée, les automatismes étaient là, elle savait se tenir en selle, et mieux encore, elle sentait monter en elle l’excitation qui précède les grandes courses à travers la lande, lorsque monture et cavalier sont à l’unisson et ne font qu’un seul et même être, aspirant à la liberté.

Alors ils s’élancèrent vers Camelot, le paysage ravagé par les incendies des batailles fit bientôt place à la plaine tapissée de bruyère où ça et là émergeaient des buissons de genêts et d’ajoncs.
……………………………………………………………………………………………………………………………………
Après plusieurs jours d'une course harassante, les cavaliers aperçurent enfin les contours de Camelot qui se dessinaient dans le lointain. Une citadelle imprenable...des tours gigantesques sortaient de terre et se dressaient fièrement dans le ciel, on aurait dit des géants de pierre surveillants l'ennemi, prêts à l'exterminer sans pitié.
En entrant dans la forteresse, Tigrea ressentit une impression étrange, comme si elle était déjà venue ici, comme si son subsconscient lui disait qu'elle n'était pas une étrangère en ces murs.

Tout lui semblait familier, les maisons nichéees contre les parois des fortifications, avec leurs toits de chaumes, les ruelles avec leurs caniveaux centrals charriants des immondices, des ordures ménagères en décomposition et les odeurs pestillentielles qui s'en dégageaient.

La certitude d'avoir vécu ici se fit jour dans son esprit.

Dès lors restait à savoir qui elle était ici et pourquoi elle s'était retrouvée à des lieues de chez elle, dans cette clairière inconnue, privée de sa mémoire.
Kormoran mit pied à terre devant le donjon, massif et carré, dont l'entrée était protégée par un pont-levis enjambant des douves profondes remplies d'une eau aux reflets noirâtres. Elle l'imita aussitôt, et tenant par les brides leurs coursiers écumants, ils pénétrèrent le donjon dès que la herse eut été relevée.
Des soldats en armure les encerclèrent, menaçants avec leurs hallebardes dressées. Otant son heaume empanaché, Kormoran les apaisa d'un signe de la main. Les hommes d'armes s'inclinèrent alors, reconnaissant aussitôt l'homme qui se tenait devant eux, le sire Kormoran, le bras droit du Roy.

Kormoran et Tigrea demandèrent à être reçus par le Roy et escortés des sentinelles qui les avaient accueillis, ils traversèrent de longs couloirs sombres et glacials, gravirent des escaliers en colimaçons semblant vouloir monter jusqu'au firmament, et enfin débouchèrent dans une salle majestueuse et richement ornée de draperies et de tapisseries somptueuses.

Les gardes se retirèrent, les laissant seuls dans l'immense salle.

Tigrea était parcourue de frissons, ses mains temblaient, en elle l'impatience grandissait, enfin elle allait savoir qui elle était. Elle en était certaine, c'était ici qu'elle allait connaître la vérité, SA vérité.
Soudain son regard fut attiré par une tenture qui frémissait légèrement. Toute son attention se concentra sur cette tenture, elle savait d'instinct que le moment tant espéré était enfin arrivé.

Soulevant la tenture d'un geste majestueux, il leur apparut alors, le Roy se tenait devant eux, il leur faisait face, son visage reflètait la bonté mais aussi le courage, la hardiesse, la volonté et la loyauté...

Et enfin elle le reconnut, un éclair avait illuminé son esprit en un instant, les souvenirs étaient revenus, se bousculant dans sa tête...Elle savait ! ...Elle savait qui elle était ! Et devant elle se tenait celui qu'elle aimait à la folie, celui pour qui elle aurait donné sa vie, celui qui l'aimait lui aussi...Felinx, le Roy Felinx. Alors n'y tenant plus, elle courut vers lui et se jeta dans ses bras. Il la reçut avec passion, la serrant contre lui à l'etouffer, l'embrassant sur le front, les yeux, les joues, la bouche, avide de combler le manque d'elle qui le rongeait depuis tant de jours.

Kormoran, comprenant qu'il était de trop, se retira furtivement, les laissant à leur bonheur et à la joie de leurs retrouvailles.

Le temps des explications viendrait plus tard.










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MessagePosté le: Mer 16 Avr - 13:24 (2008)
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